Le Ministre invite à penser collectivement l’avenir du cinéma sénégalais

Le Ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, M. Amadou BA, a invité, mardi, à les professionnels du cinéma et de l’audiovisuel à réfléchir collectivement sur les orientations stratégiques pour développer le secteur à travers une feuille de route ambitieuse pour la période 2026-2030.

« Nous voici réunis pour un exercice essentiel : penser collectivement l’avenir du cinéma sénégalais. Non pas seulement pour célébrer nos acquis – ils sont nombreux et légitimes – mais pour affronter avec lucidité nos défis, identifier nos leviers de transformation, et tracer une feuille de route ambitieuse pour la période 2026-2030 », a déclaré le Ministre.

Accompagné du Secrétaire d’État à la Culture, aux Industries créatives et au patrimoine historique, M. Bakary SARR, le Ministre a présidé au Sea Plazza la cérémonie d’ouverture officielle de l’atelier d’orientation du plan stratégique de développement du cinéma, de l’audiovisuel et de la création numérique au Sénégal 2026-2030.

En présence des directeurs généraux et nationaux du Ministère, des représentants d’institutions nationales et internationales, des Ambassadeurs, des professionnels du cinéma et de l’audiovisuel, le Ministre Amadou BA a rappelé que cet atelier d’orientation de trois jours (10-11-12 février) s’inscrit dans une démarche plus large qui culminera avec les États généraux de la Culture que le Gouvernement envisage d’organiser prochainement.

Saluant les balises déjà posées par les précurseurs du cinéma sénégalais, notamment Momar Thiam, Paulin Soumanou Vieyra, Ousmane Sembène, Safi Faye, etc. il s’est également félicité de la contribution de leurs successeurs qui ont poursuivi cette œuvre, chacun apportant sa vision.

« Le cinéma a grandement contribué à l’écriture visuelle de notre histoire contemporaine », a-t-il fait remarquer sur le 7e art comme outil pionnier dans notre dialogue avec les autres civilisations.

Il a par ailleurs rappelé les prestigieuses distinctions engrangées de 2012 à 2026 par des cinéastes sénégalais. Il s’agit notamment de deux Tanit d’or et un Tanit d’argent à Carthage, deux Étalons d’or de Yennenga, un Ours d’or et un Ours d’argent de la Berlinale, un Grand Prix du Jury à Cannes, sans oublier le succès croissant des séries télévisées sénégalaises qui conquièrent désormais un public africain et international.

Derrière ces succès, il souligne cependant que « les défis demeurent immenses ». La réalité souvent méconnue porte sur l’insuffisance des infrastructures de diffusion, la faiblesse des mécanismes de financement et l’étroitesse du marché.

Pour pallier ces faiblesses, le Ministre estime qu’il faut « transformer notre cinéma en véritable industrie, créatrice d’emplois et de richesses ».

Dans la nouvelle orientation de développement du cinéma et de l’audiovisuel, il convient de souligner les autres chantiers que le Ministère s’attèle à conquérir : la révision du code de la cinématographie, la création d’infrastructures comme la Cité du cinéma et de l’audiovisuel, la densification du capital humain, la consolidation des mécanismes de financement, et la sauvegarde de notre patrimoine cinématographique.

« Je réaffirme ici la volonté de l’État de procéder à des réformes structurelles, notamment la création d’un Centre national de la cinématographie, et d’explorer des financements innovants pour baliser le chemin vers une véritable industrie », a annoncé le Ministre, se félicitant des nouvelles opportunités offertes par le numérique et l’intelligence artificielle pour réduire les coûts, renforcer la créativité et valoriser notre patrimoine immatériel.