Le Premier Ministre, M. Ousmane SONKO, a souligné l’importance de la filière Peaux et Cuirs qui constitue, dans le cadre de la mise en œuvre du Plan spécial d’Investissement et de Financement (2026-2028), l’une des composantes à fort effet d’entrainement pour l’économie nationale et un des leviers d’accélération de l’Agenda national de Transformation.« L’objectif est de bâtir à l’horizon 2050 un écosystème territorial intégré autour des Peaux et Cuirs qui couvre l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production modernisée, y compris le conditionnement, aux services d’appui en passant par la transformation industrielle en produits finis et la commercialisation locale et internationale », a-t-il souligné.Pour ce faire, il estime, qu’en ce sens, les initiatives de modernisation doivent permettre l’érection d’une véritable zone industrielle et artisanale centrée sur les cuirs, peaux et phanères ainsi que le développement de l’industrie du tannage.Le Premier Ministre a fait remarquer que le développement stratégique de cette filière représente une opportunité majeure pour renforcer l’industrie nationale, améliorer la balance commerciale, stimuler les économies locales et favoriser l’émergence d’industries à forte valeur ajoutée, notamment dans les secteurs de la maroquinerie, de l’habillage intérieur automobile et du mobilier. Il a ajouté que le potentiel de cette filière érigera les Pôles-Territoires Centre et Ouest en cœur industriel du cuir sénégalais, appelés à devenir l’espace prioritaire de structuration de la filière, de modernisation de la production et de montée en gamme industrielle.« Le Sénégal bénéficie d’un potentiel important en matière de production de peaux, principalement issue de l’élevage des bovins, ovins et caprins », a rappelé le Premier Ministre qui déplore toutefois, les capacités limitées de transformation.« Malgré un cheptel important et un savoir-faire artisanal reconnu, le taux de transformation locale des cuirs et peaux est inférieur à 5 %, limitant ainsi la valorisation de cette matière première », dénonce-t-il, sachant que plus de 70 % des peaux sénégalaises sont exportées brutes, et souvent à travers « un circuit parallèle informel d’exportation sans transformation locale ».Selon le Chef du Gouvernement, à l’horizon 2034, le potentiel de cette filière est estimé à plus de 130 000 emplois formels et à un chiffre d’affaires de plus de 1 549 milliards de FCFA.C’est pourquoi, précise-t-il dans sa Communication en Conseil des Ministres du mercredi 18 février dernier, elle peut devenir un levier majeur d’inclusion économique, en favorisant l’insertion des jeunes et des femmes, en consolidant la formalisation des acteurs et en améliorant durablement les revenus dans les territoires.Compte tenu de ce potentiel, le choix stratégique de l’écosystème Peaux et Cuirs vise à renforcer la souveraineté, à densifier le tissu industriel et à améliorer les conditions de vie des populations. Il permet une meilleure articulation entre les politiques sectorielles, l’aménagement du territoire et la stratégie industrielle, a fait remarquer le Premier Ministre.Pour atteindre ces objectifs en faveur de l’économie nationale, il a demandé au Ministre des Finances et du Budget, au Ministre de l’Industrie et du Commerce, au Ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Souveraineté alimentaire et au Ministre des Collectivités territoriales et de l’Aménagement du Territoire, de prendre toutes les dispositions nécessaires au développement de partenariats public-privé pour rendre opérationnelles les orientations qu’il a dégagées, notamment dans le cadre des Zones économiques spéciales à implanter dans les Pôles-Territoires concernés. Dès lors, le Premier Ministre a engagé les ministres concernés à prendre toutes les mesures pour la conception et la mise en œuvre d’un projet intégrateur de développement artisanal et industriel de la filière Peaux et Cuirs, conforme aux orientations liées à la territorialisation des politiques publiques et à la Stratégie nationale d’Investissement favorisant les investissements privés.
Artisanat : Bâtir à l’horizon 2050 un écosystème territorial intégré autour des Peaux et Cuirs




